20 rencontres de partenaires de la Fondation Orange (9/20)

Jacques Hintzy,
Président du Comité Français pour l’UNICEF

A qui et à quoi devez-vous ce que vous êtes aujourd’hui ?

On doit toujours beaucoup à ses parents. Mon père était un homme très rigoureux, ma mère une femme pleine de bonté. A l’adolescence, un chef scout a exercé une grande influence sur moi. C’était un garçon de qualité, qui préparait HEC. Cela m’a donné envie d’en faire autant. Ce n’était pas évident, car mon père n’avait pas fait de grande école, et nous habitions Marseille. J’ai néanmoins préparé HEC.

Ma période de formation fut déterminante. Je quittais Marseille pour monter à Paris, j’avais dix-huit ans. Mon entrée à HEC m’a désenclavé de ma province, m’a plongé dans le milieu étudiant, m’a fait rencontrer des gens qui venaient de partout, et des professeurs remarquables. Je me trouvais subitement projeté dans un autre monde.

-Après HEC, j’ai décidé de faire Sciences Po. Ce fut aussi une étape très importante. Je côtoyais des personnes qui allaient compter. L’un de mes camarades de promotion était Ernest-Antoine Seillière, je côtoyais Chevènement, Duverger fut mon professeur.
Tout un brassage d’individus intéressants se faisait là.

Autant HEC m’a préparé à prendre des responsabilités à la tête d’entreprises, autant Sciences Po m’a ouvert au milieu politique. J’ai été formé à une carrière où j’allais avoir un pied dans le business et un pied dans l’intérêt général. Toute ma vie, je me suis trouvé écartelé entre ces deux aspects.

Plus tard, ce fut la rencontre, intellectuelle et politique, avec Valéry Giscard d’Estaing, pour lequel j’ai travaillé en parallèle de ma vie professionnelle. J’ai également fait la connaissance de Simone Weil, une personne qui m’a fortement impressionné.
J’ai beaucoup travaillé sur le problème de la communication. J’ai cherché à l’introduire dans un secteur où elle n’avait aucun rôle, celui de l’intérêt général. Par exemple avec France Télécom au moment des changements de numérotation, ou bien lors des recensements pour l’Insee. Mais c’est de l’histoire ancienne...

Et puis, un beau jour, en 1975, je suis allé en Ethiopie et au Yémen du Nord. J’y ai vu des enfants dans la détresse et j’ai senti que quelque chose allait changer pour moi. Ma rencontre avec ces enfants a été l’événement qui a déclenché mon engagement à l’Unicef. J’y ai passé, à titre bénévole, plus de trente ans. C’est devenu aujourd’hui mon activité principale.

Que souhaitez-vous maintenant apporter aux autres ?

A présent, je voudrais continuer à solidifier l’UNICEF. Un certain nombre de fragilités demeurent. Les quelques années pendant lesquelles j’assumerai encore la responsabilité de président, je souhaite construire une entité solide, la plus porteuse possible. Pour moi c’est essentiel. Je trouverais désespérant que l’UNICEEF ne continue pas à progresser. Cela, non seulement par attachement à l’institution, mais parce que je suis passionné par sa mission. Et j’ai confiance en la façon dont elle la remplit.

De même, je m’intéresse beaucoup aux jeunes collaborateurs que j’engage, parce qu’ils sont au début de leur carrière. Il est très difficile de s’intégrer dans la vie professionnelle. Ces jeunes connaissent souvent plusieurs mois, voire une année de piétinement… C’est grave d’éprouver un sentiment d’inutilité lorsqu’on vient d’achever ses études. Aussi, j’aime assister à leur développement, partager leurs réflexions, et si possible les aider à aller plus loin. Une jeune femme est actuellement en Suisse, à l’ONUSIDA, un jeune homme s’apprête à partir en Inde. Je trouve cela fabuleux… Bien sûr, il ne s’agit pas de les coacher, car on ne peut être à la fois coach et patron. Mais j’aime offrir à ces jeunes une forme d’accompagnement, être disponible pour eux, comme je le suis pour mes enfants. J’y tiens beaucoup.

Président du Comité Français pour l’UNICEF
Depuis 2004, la Fondation Orange s’est associée à l’UNICEF pour des programmes éducatifs et pour la construction et l’aménagement d’écoles adaptées à la scolarisation des filles au Sénégal, au Mali, à Madagascar et en Côte d’Ivoire.

 

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1 commentaire

lundi 27 avril 2009 18:09 par soleil19

Un jour tout s'ébranle, une prise de conscience, des rencontres, des approches avec des peuples en détresse et un regard sur le monde plus humain nous éclaire pour changer de direction ! Merci Jacques pour votre engagement, votre exemple de parcours, vous avez été appelé pour remplir cette noble mission. Vous tendez la main à tous ces jeunes qui deviennent vos collaborateurs pour eux-aussi leur donner la chance de s'intégrer au mieux en oeuvrant pour l'UNICEF et transmettre ses valeurs. Cela est toujours très positif de lire des parcours comme le vôtre synonyme de repères solides, base d'une éducation fondée sur de réelles valeurs. Un exemple à suivre pour les jeunes générations ....

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