Artilect, pionnier des FabLabs français

Dans le paysage des makers français, le fablab Artilect ferait presque figure d’ancien. Lancée en 2009 à Toulouse, la structure a été la première à s’implanter en France. En 6 ans pourtant, le FabLab a connu un développement important. Lors du FabLab festival, nous avons pu rencontrer le Fabmanager des lieux, Philippe Semanaz.

fablab artilect toulouse Philippe Semanaz Fab Manager FabLab Solidaire

Au milieu des allées du FabLab Festival, entre les imprimantes 3D et le bruit des courses de drones, difficile de retenir l’attention de Philippe Semanaz. Organisé par Artilect, dont il est le Fabmanager, l’évènement réunit la majorité des FabLabs français. Une date importante pour le mouvement, 5 ans après l’implantation du premier FabLab en France... à Toulouse. Car si Artilect accueille et organise l’évènement, c’est qu’il est le plus "ancien" FabLab de France. Si aujourd’hui la structure a su attirer les curieux pour devenir le lieu de référence de la fabrication numérique à Toulouse, Philippe Semanaz se souvient des débuts du FabLab.


"On était une dizaine. On se retrouvait tous les lundi soirs dans une petite salle dans une faculté."



Artilect accueille un public varié, du véritable passionné d’électronique au simple curieux. Ils viennent voir comment, grâce aux FabLabs, des idées naissent pour se concrétiser grâce aux machines. Chacun peut y développer son propre projet grâce aux moyens du FabLab. Et s’il n’y a pas toujours les compétences, il y a au moins l’envie de créer et de partager. Pièces essentielles du FabLab, les bénévoles font le lien entre les différentes compétences pour mettre en route les projets.

Faire découvrir le numérique

Eduquer et sensibiliser au numérique est une priorité du FabLab. Pour permettre l’accès à ses infrastructures à une communauté plus large que celle des makers, l’association a mis en place le projet Open Fab Lab. Soutenu par le programme FabLabs Solidaires, Artilect accueille des populations en situation d’exclusion pour leur faire découvrir l’univers FabLab et les nouvelles technologies de fabrication numérique. En lien avec différentes structures d’aides (Mission Locale, Apprentis d’Auteuil), l’équipe du projet sensibilise un public jeune, généralement démotivé par les solutions traditionnelles et très loin du monde des FabLabs.
Le programme Open Fab Lab nécessite une logistique spéciale. Lors des séances, les locaux du FabLab sont réservés aux bénéficiaires, ainsi que l’accès aux machines. Cette organisation leur permet une réelle immersion au sein du FabLab. Ils peuvent apprendre, échanger et pratiquer aux côtés des bénévoles, qui les accompagnent lors des séances. Si les débuts peuvent être compliqués, les jeunes adoptent généralement la philosophie du FabLab pour réaliser leur projet, comme l’explique Philippe Semanaz.


"Dans un premier temps, c’est réaliser une pièce. Faire quelque chose, sortir quelque chose."

 
Après les séances, certains bénéficiaires du programme reviennent lors des sessions libres. S’il est encore trop tôt pour savoir s’ils fréquentent de manière répétée le FabLab, certains jeunes ont d’ores et déjà adhéré à la structure. Ils deviennent des membres à part entière de l’association Artilect et à leur tour, transmettent aux autres les savoirs acquis aux côtés des membres du FabLab.

>>> Photos pendant une séance du programme Open FabLab

Jeunes mission locale Philippe Semanaz
 jeunes et animateurs mission locale
Jeunes FabLab solidaires Philippe Semanaz

Une forte croissance

A l’image du mouvement FabLab, Artilect a connu ces dernières années un développement important. Les locaux du FabLab se sont agrandis et l’association génère un chiffre d’affaires de ses activités (environ 250 000 euros). La notoriété du lieu, ainsi que sa fréquentation, ont augmenté. Pour gérer cette affluence, la structure a pu compter sur le développement des adhésions.Certains visiteurs se sont transformés en bénévoles, sans qui le FabLab ne pourrait pas ouvrir quotidiennement. Aujourd’hui, le FabLab organise ses activités autour de deux pôles. Le FabLab Pro, pour permettre l’émergence de projets innovants autour du numérique et le Fab Lab "classique", chargé d’organiser les projets semblables à Open FabLab.
Avec ces évolutions et faute de temps et de ressources, les gros projets portés par le FabLab sont devenus plus rares. Difficile en effet d’accueillir au quotidien un public de plus en plus nombreux tout en mobilisant l’ensemble des machines pour un projet d’envergure. Conséquences, des petites communautés se sont formés au sein de la structure autour de projets spécifiques. Mais pour Philippe Semanaz, il n’est pas impossible d’allier accueil du public et projet d’envergure.


"Au tout début, on faisait des gros projets. Le FabLab, il s’est construit comme ça."



 
Malgré ces problématiques naissantes, le FabLab reste ce qu’il est depuis le début : un nouveau lieu de médiation et d’éducation au numérique et à ses enjeux. Et même si des évolutions apparaissent, la structure s’adapte en permanence pour ne pas perdre son aspect collaboratif. En somme, Artilect est le résumé parfait de la philosophie FabLab : apprendre par le partage et l’expérience.

 

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