Benjamins Media, image et imaginaire pour jeunes malvoyants

J’écoute, Je découvre, J’imagine : trois étapes au service d’un même projet, susciter l’envie de lire et créer des images à l’oreille des jeunes malvoyants mais aussi de tous les enfants de 2 à 12 ans.
Tel est l’objectif poursuivi par la maison d’édition Benjamins Media depuis 1998 avec une collection de livres-CD peu ordinaire.

Raconter des histoires certes, mais surtout réussir à transmettre des images à de jeunes malvoyants, tel est le défi relevé par Benjamins Media, une maison d’édition fondée en 1987 sous forme d’association. Le dernier ouvrage paru, "Il faut sauver le Prince Victor" de Christine Beigel, est le résultat comme tous les autres d’un long et ambitieux travail de mise en forme vocale et musicale.

D’abord, un comité de lecture choisit des textes inédits pas trop longs (10-15 min avant d’aller au lit), avec un fort potentiel narratif. Comme la plupart des enfants n’ont jamais vu de leur vie, l’histoire ne doit pas trop évoquer des figures connues. Commence ensuite le travail d’enregistrement : "Pour faire surgir des images à l’oreille des enfants, pour relier l’intelligence et le sensible", explique Sophie Martel, chargée de la gestion et du développement de Benjamins Media, "conter ne suffit pas, il faut que cela soit comme dans un film". D’où tout un casting au panel de voix très diversifiées, avec notamment celles d’enfants repérés dans les salles de classe, car les plus petits aiment s’écouter entre eux. Des comédiens du théâtre des "Treize Vents" de Montpellier prêtent aussi leur voix pour faire vivre le texte : "Pour le rendre vivant, il faut véritablement le jouer". Reste une dernière touche : la bande son. Une musique composée et interprétée exclusivement pour l’histoire ainsi que de nombreux effets sonores viennent accompagner les mots, appuyer les sensations et éveiller l’imagination. Au final, un coffret, dans lequel l’enfant découvre en plus de l’histoire, un album illustré et une transcription en braille intégral qui lui permettra de retrouver un texte familier lorsqu’il commencera à lire tout seul. L’ouvrage en braille offre également la possibilité aux parents comme aux enfants malvoyants de lire une histoire à leur proches, que ces derniers soient voyants ou non : "La notion de partage est fondamentale. En plus de la fonction pédagogique de cette collection, la lecture entre voyants et malvoyants est au cœur de notre projet". Mais ce n’est pas tout… "Une petite maison d’édition qui veut vivre, sur un marché du livre-jeunesse hyper concurrentiel, se doit d’être très vivante", lance Sophie Martel. C’est pourquoi, depuis 2008, Benjamins Media a démarré des animations comme "J’écoute dans le noir", organisées dans les bibliothèques. Selon l’âge du public, les cinq sens y sont abordés de différentes manières. Pour les plus grands, on y apprend par exemple à s’orienter dans le noir…

Une collection à prix mesuré

La collection est le fruit d’un long apprentissage qui a permis d’acquérir un véritable savoir-faire. Aujourd’hui, les quinze titres parus chez Benjamins Media figurent régulièrement parmi les meilleures sélections, comme celle publiée par le journal Le Monde pour Noël. Ils sont vendus sur internet et dans de nombreuses librairies jeunesse. La prochaine étape ? "Trouver un bon diffuseur pour étendre le réseau", répond Rudy Martel qui s’occupe de la communication et de la commercialisation des éditions. Avec 4 500 ventes, le projet s’autofinance à 45 %. Les coups de pouce comme celui de la Fondation Orange permettent par exemple d’avoir un encart publicitaire dans des revues professionnelles mais surtout ils réduisent le coût de production des livres. Les coffrets ne coutent que 21 €, les enfants malvoyants peuvent ainsi avoir accès à la littérature : "Une littérature-plaisir qui amène l’enfant, ordinaire ou déficient visuel, à développer son sens de l’écoute, voire son sens du toucher". Des histoires, en somme, pour mieux se connaître.

Contact : Sophie Martel, 04 67 52 98 42, sophie.martel@benjamins-media.org, www.benjamins-media.org/fr

Article rédigé par Louis Sibille
Agence d’informations Reporters d’Espoirs

La Fondation Orange confie à l’Agence d’informations Reporters d’Espoirs la rédaction d’articles sur des initiatives qu’elle soutient. Ces initiatives ont été validées selon les critères de la charte éditoriale Reporters d’Espoirs. Les articles ont pour mission de rendre compte de leur développement et de leurs résultats.

 

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