Des ateliers " Vie quotidienne" et "code de la route" pour favoriser l'autonomie sociale et professionnelle

L’association "Tremplin pour l’Emploi, le Développement et l’Avenir en Cévennes" (Tedac) est l’une des structures soutenue par la Fondation.

Nous avons rencontré Madame Danièle Pradier, intervenante au Tedac.
" La plupart de nos bénéficiaires ont à la fois des difficultés avec le français et des problèmes de mobilité. Grâce à la Fondation Orange, nous avons pu investir dans du matériel pédagogique d’apprentissage linguistique et d’entraînement pour le passage du Code de la route, ainsi que dans une valise de boîtiers, qui leur permet de se familiariser avec l’outil utilisé le jour de l’examen. Une douzaine de personnes utilisent actuellement ces supports. A terme, nous espérons ainsi leur donner les moyens de passer leur permis de conduire. Cela leur donnera une carte de plus pour trouver un emploi."

Pouvez-vous nous parler un peu de votre association ?

Tedac a été créé en 1997 pour mettre en oeuvre des actions d’insertion sociale et professionnelle. Nous sommes implantés à la Grand’Combe, une commune située dans une ancienne vallée minière. Avec le déclin d cette industrie, une réconversion complexe à réussir, le bassin de vie a vu sa population diminuer et se précariser. Actuellement, un quart de la population vit de minimas sociaux et une part importante de la population active est sans emploi. Dans ce contexte, nos actions tournent autour de trois axes : un chantier d’insertion, qui consiste en un atelier de fabrication de petits meubles en bois et des opérations de débroussaillage, un service de prêt de véhicules, et une action collective d’insertion pour lutter contre l’illettrisme et favoriser la mobilité.

C’est sur ce dernier axe que la Fondation Orange vous a apporté son soutien. Quelle a été exactement l’aide fournie ?

Nous avons sollicité la Fondation Orange, car nous avions besoin de supports pédagogiques pour améliorer nos cours de français et de Code de la route. Grâce à la subvention, nous avons investi dans des DVD d’exercices de français, qui permettent aux bénéficiaires de s’entrainer seuls, en expression orale et écrite, dans des situations de la vie courante.
En ce qui concerne le Code, pour qu’ils réussissent l’examen, il est essentiel de familiariser les participants avec les situations routières photographiées, la formulation des questions en utilisant des supports variés.

Les questions sont formulées de manière très subtile. Même en maîtrisant le français, on a souvent besoin de les relire plusieurs fois pour comprendre ce qui est demandé. C’est d’autant plus difficile pour le public que nous recevons.
Nous avions quelques séries de DVD que les participants finissaient par connaître par coeur. En étoffant notre collection, nous parvenons à travailler plus sur la compréhension des formulations, l’apprentissage des règles de conduite et l’évaluation de la progression.
Enfin, du côté du Code toujours, nous avons pu acheter une valise de boîtiers, indispensable pour que les bénéficiaires apprennent à s’habituer à leur maniement. En effet, les auto-écoles ne fournissent ces boîtiers à leurs élèves que la veille de l’examen et leur non-maîtrise augmente encore le risque d’échecs.

Qui sont les bénéficiaires de vos actions ?

Nous accueillons des allocataires du RMI, RSA maintenant, qui nous sont adressés par le Centre communal d’action sociale, le Centre médico-social ou les référents qui les suivent. Ce sont des personnes qui ont un faible niveau scolaire ou qui sont issues de l’immigration et ne maîtrisent pas le français. Pour les accompagner, nous sommes obligés de reprendre les savoirs de base. Grâce aux DVD, les participants peuvent s’entraîner à la lecture et l’écriture.

Nous utilisons les thèmes de la vie courante, de la cuisine aux courses, en passant par les enfants et la recherche d’emploi.

Pour le Code, par exemple, nous devons expliquer la différence entre "je peux" et "je dois", entre les panneaux d’indication et les panneaux d’obligation, rechercher des synonymes pour simplifier les formulations des questions.
"J’apprends le Code et je fais beaucoup de progrés en français en même temps", nous a dit une participante. Heureusement, en milieu associatif, notre valeur ajoutée est de pouvoir prendre le temps d’expliquer et de réexpliquer, de sorte que ces personnes, en apprenant, gagnent aussi confiance en elles.

Quel est l’objectif de vos actions ?

Quand nos bénéficiaires sont prêts, ils peuvent s’inscrire dans une auto-école classique pour passer leur permis de conduite. Cela peut prendre un an avant qu’ils atteignent ce but. Mais l’enjeu est de taille : ici, le permis est une nécessité pour sortir de la précarité et trouver un travail.

NDLR : Les photographie d’Abbas-Magnum Photos ont été prises dans un atelier de l’association AILE qui propose également une action de sensibilisation au Code la route à l’Ile sur la Sorgue.

 

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