Egypte : à la rencontre des enfants des rues du Caire

14 février 2012 – De nuit comme de jour, le camion médicalisé du Samu Social International Egypte sillonne les rues du Caire pour venir en aide aux enfants des rues. La Fondation Orange soutient les actions de cette association depuis 2008. Chaque année leurs interventions médico- sociales apportent une aide précieuse à environ 300 enfants.

Dr. Yousef, médecin généraliste de l’équipe du Samu nous explique comment ces enfants se retrouvent dans la rue. En majorité les enfants subissent les conséquences du divorce de leurs parents, souvent très pauvres : violences morales ou physiques puis rejet de leur famille. Environ 80 % sont des garçons et 20 % des filles. Les enfants errent dans la ville , mais restent souvent attachés à une zone géographique et à un groupe constitué.. Une certaine solidarité entre eux peut s’installer, mais la rue reste très dangereuse. Les plus grands peuvent attaquer les plus petits, voler leur argent, la drogue et la colle circulent…

 

Nous partons en fin d’après-midi avec l’Equipe Mobile d’Aide du Samu pour une maraude à Maadi, un quartier plutôt calme du Caire. Nous rencontrons trois jeunes sœurs, bien connues de l’équipe du Samu. Elle travaillent pour leur père et vendent à la sauvette des épis de maïs grillés. Chacune, à tour de rôle, grimpe dans le camion pour une consultation avec le Dr. Yousef. Elles ont le regard vif et curieux. La plus jeune semble veiller sur ses sœurs ainées.

C’est après leur départ que nous apprendrons d’avantage sur leur histoire : elles vivent dans la rue depuis plusieurs années. Le père est un ancien détenu, la mère a disparu. Les deux grandes ont été violés l’année dernière par un groupe de jeunes de la rue, devant les yeux de la benjamine. Pour les aider, l’équipe du Samu a assuré leur prise en charge au niveau médical et psychologique à travers des échanges réguliers, des séances avec le psychologue du Samu, et des consultations avec le Dr. Yousef.

Lorsque c’est possible, l’équipe du Samu Social oriente les enfants vers des structures d’accueil partenaires pour favoriser leur réinsertion sociale. Mais les obstacles restent encore nombreux : tous les enfants n’acceptent pas de rester au centre d’hébergement car ils ont moins d’autonomie et ne peuvent pas gagner autant d’argent qu’en restant dans la rue. Seule une partie des enfants est sélectionnés pour suivre des sessions de formation professionnelle… Dans d’autres cas, comme pour les trois jeunes sœurs, c’est le parent qui interdit aux enfants d’aller dans un centre, car il a besoin de leurs revenus.

 

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