« Fenêtre sur chambre », un monde virtuel destiné aux enfants hospitalisés

Fenêtre sur Chambre, proposé par l’association Arts dans la Cité est un réseau de fenêtres interactives ouvrant sur un monde virtuel, « l’île » conçu par deux artistes Nicolas Sordello et Raphaël Isdant issus de l’École des Arts décoratifs de Paris.
L’accès à ce monde féérique était proposé cet automne pendant trois mois aux enfants hospitalisés en chambre stérile du service d’onco-hématologie de l’Hôpital Armand Trousseau à Paris. « Ces enfants subissent des traitements très lourds et doivent rester enfermés jusqu’au rétablissement de leurs défenses immunitaires ; leur univers se réduit à leur chambre de pédiatrie : ils n’ont pas accès à la salle de jeu du service et leurs visites sont réduites. explique Nicolas Sordello. Ces nouveaux outils de création multimédia en réseau peuvent permettre de rompre leur isolement ».

Chaque enfant peut se connecter à l’application grâce à un ordinateur portable, situé dans chaque chambre. « Une simple clé USB, il rentre son nom, son prénom, et il pénètre sur l’Ile. ! rapporte Raphaël Isdant.

 

Nous passons deux ou trois heures auprès de chaque enfant pour lui montrer comment créer son avatar, se déplacer, créer des bâtiments selon leurs goût et leurs envies, et interagir de manière autonome. » Chacun de participants construit une partie de l’espace commun et ce monde virtuel est une mémoire de toutes leurs créations.

Installés dans le salon des parents, nous découvrons la plateforme grâce à une fenêtre projetée sur l’un des murs. Les parents et amis peuvent ainsi suivre l’avatar de leur enfant et communiquer avec lui.

Eva, huit ans, vient de créer son avatar du jour, changeant selon l’humeur du moment. Une silhouette longiligne, une abondante chevelure dorée, de grandes ailes d’albatros…son avatar virevolte d’un lieu à l’autre, visite la boutique des costumes,

 

contourne la tour d’entraînement, plane au dessus d’un vaisseau spatial et pénètre dans sa maison de sorcière, remplie de toiles d’araignées…

 
« Elle a tout de suite accroché ! nous dit sa maman ; Il y a deux jours, comme ça, elle s’est mise en maillot de bain et elle a plongé dans une piscine… Elle dit qu’elle voudra continuer à la maison, parce qu’elle va rester longtemps en convalescence. »
Les jeunes patients qui rentrent chez eux emportent avec eux la clé (USB), et ils peuvent se connecter à l’île depuis chez eux, retrouver la communauté.

« C’est un projet qui a séduit toute l’équipe ! s’exclame véronique Tanguy, cadre du service. Il revient pour la deuxième année consécutive, et il est plus abouti, mieux pensé. Les enfants et les parents adhèrent au concept. Le multimédia c’est encore très peu répandu à l’hôpital ; Nous avons travaillé sur la communication avec les parents, pour rendre l’activité attractive et accessible à tous. Une fois par semaine, il y a un atelier ouvert à tous, en dehors des chambres, qui a bien fonctionné. »

Art dans la cité, l’association qui coordonne « fenêtre sur chambre » souhaiterait déployer ce monde virtuel dans d’autres hôpitaux pédiatriques. Deux sessions devraient s’ouvrir dans les prochains mois : à l’hôpital Necker de Paris et dans un service pédiatrique de l’hôpital de Nice.

Fenêtre sur chambre a reçu le soutien de la Fondation Orange et est lauréat des projets « coups de cœur » des premières Rencontres de la Solidarité Numérique organisées par la Fondation.

 

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