Laurent Chicoineau : "le projet Fab Collège change de dimension"

Laurent Chicoineau est le directeur de La Casemate. Un an après le lancement de la première édition du Fab Collège, il revient avec nous sur ce projet et nous parle de la seconde édition, lancée début octobre.

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Laurent Chicoineau.

 

Quel bilan faites-vous de la première édition ?
 
Il est très positif. On a réussi à mobiliser six établissements scolaires situés en zone d’éducation prioritaire dans un temps très court. Ils ont tous joué le jeu car dans ce temps réduit, on a réussi à mettre en place la formation des enseignants et l’accompagnement de chaque projet. Surtout, le rectorat nous a appris qu’il souhaitait démultiplier l’opération tellement ils avaient trouvé ça pertinent et réussi. C’est ce qu’on pouvait espérer de mieux avec ce projet d’expérimentation.

 
Justement, quelle était la position du rectorat au tout début de l’opération ?
 
Les équipes étaient très intéressés au début. Ensuite, il y a eu une phase d’interrogations par rapport au projet. Il y a eu quelques réserves de la part de certains sur la dimension technique et la présence des imprimantes 3D, mais ils ont rapidement compris que les machines n’étaient qu’un prétexte pour rentrer dans le monde de la fabrication numérique. Ils avaient peur qu’on soit fixés sur l’outil, mais dans ce projet, la technique n’est pas une fin en soi.
 
Comment se concrétise la participation du rectorat pour cette deuxième édition ?
 

Le rectorat va fournir du matériel et un accompagnement sur le projet et les enseignements est également prévu, avec une personne de CANOPE (réseau de création et d’accompagnement pédagogique) spécialement détachée. Le but est de pouvoir former et accompagner les enseignants tout au long de l’année et également d’assurer la maintenance technique. Cette personne va intégrer l’équipe d’accompagnement qui est composée d’une personne en mécénat de compétences de chez Orange et des médiateurs scientifiques du FabLab de la Casemate.


"les machines ne sont qu’un prétexte pour rentrer dans le monde de la fabrication numérique"


 

Quels ont été les retours des jeunes suite à la première édition ?
 
Ils étaient vraiment très contents. Ils n’imaginaient pas qu’ils pouvaient faire ça, et il y avait une certaine fierté d’avoir pu participer à ce projet. Quand ils ont commencé à travailler au mois de septembre, ils étaient loin de pouvoir imaginer que quelques mois plus tard, ils allaient exposer leurs créations devant un public et des élus locaux. Pour eux, c’est assez spectaculaire. En parallèle, ils s’aperçoivent que la technique permet de réaliser des milliers de choses et que les machines ne sont pas contraignantes. Pour eux, c’est une réelle découverte des possibilités offertes par la fabrication numérique : c’est très ouvert, c’est très créatif.
Par ailleurs, je sais que certains des collégiens sont revenus au FabLab en dehors des sessions organisées. Des médiateurs m’ont dit : « Tiens, on a vu des jeunes du fablab solidaire ». Il y a une appétence, on a contribué à susciter un intérêt pour le fablab et surtout, on leur a montré que c’est possible, qu’ils peuvent réaliser des choses, qu’ils peuvent s’emparer de cet univers.

 
Que va changer cette deuxième édition par rapport à la première ?


"Un millier de collégiens et une centaine d’enseignants vont faire vivre le projet tout au long de l’année"


La seconde édition est lancée depuis le début du mois d’octobre. Ce qui est différent surtout, c’est l’ampleur du projet. L’année dernière, six établissements participaient au projet. Cette année, ce sont 30 collèges sur plusieurs départements, plus uniquement l’Isère. La dimension du projet n’est donc plus du tout la même : plus d’un milliers de collégiens et une centaine d’enseignants vont faire vivre le projet tout au long de l’année scolaire.

Lors de la première édition, beaucoup de questions ont évidemment surgi tout au long de l’année, et notamment sur l’aspect pratique des machines. Par exemple, les imprimantes 3D devaient être raccordées à un ordinateur, ce qui pouvait poser un problème en terme de ressources car tous les collèges n’ont pas un nombre suffisant d’ordinateurs. Cette année, pour éviter ce problème, nous allons donc tester des imprimantes avec des ports USB pour lancer une impression directement depuis une clé.

Pour nous, il s’agit de la deuxième et dernière année d’expérimentation. Au niveau pédagogique, il s’agit de créer des projets croisés entre différentes disciplines, comme l’anglais et la technologie par exemple. Comme ces méthodes sont innovantes et encore peu répandues, nous allons travailler avec le Laboratoire des Sciences de l’Education de l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble. Le but est d’observer et d’analyser les nouvelles pratiques d’enseignements, de comprendre les interactions entres les professeurs et les élèves. Enfin, et comme pour la première édition, une exposition de l’ensemble des travaux est prévu à la fin de l’année scolaire, et cette fois-ci en lien avec la FrenchTech Grenoble.

 

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