Les étudiants du GENEPI s'engagent auprès des personnes incarcérées.

Le GENEPI, Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées, est une association de loi 1901 sans affiliation politique ni religieuse, créée en 1976.
Il rassemble 1300 étudiants bénévoles qui interviennent chaque semaine dans plus de 80 établissements pénitentiaires pour partager leurs connaissances sous forme de soutien scolaire et d’activités culturelles et socio éducatives. Le GENEPI mène également une réflexion sur la prison et la Justice, et communique sur le sujet dans le cadre de l’information et de la sensibilisation du public (I.S.P.) à la réinsertion des personnes incarcérées et aux thématiques carcérales.

Un nombre important de personnes incarcérées est en situation d’illettrisme. En plus d’être un obstacle à leur réinsertion, cela les handicape dans la vie quotidienne de la détention, où toutes les démarches et demandes se font par écrit. La prise en compte de cette réalité carcérale est fondamentale pour le GENEPI. Les bénévoles de l’association sont amenés à rencontrer ces personnes, soit dans le cadre d’un soutien scolaire personnalisé, soit dans le cadre d’une activité collective type « atelier français », soit encore au travers d’une activité socio-éducative ou culturelle.
La confrontation à ces situations demande une formation spécifique. Pour cela, avec le soutien de la Fondation Orange, l’association à mis en place depuis novembre 2008 une formation spécifique des bénévoles : le « WIFI », Week-end de formation à l’Intervention auprès de publics FLE (Français Langue Etrangère) ou Illettrés.

Pour mieux comprendre la réalité de nos actions, voici quelques témoignages de bénévoles qui interviennent déjà depuis plusieurs mois : Nicolas est devenu membre du GENEPI pour découvrir un milieu fermé et peu connu, la prison. Pour cela, en parallèle à ses études de sciences politiques, il a souhaité s’investir dans « quelque chose d’humain ».
Tous les lundis matin, il intervient au quartier hommes de la maison d’arrêt de Strasbourg pour animer un atelier de lutte contre l’illettrisme.

En individuel ou en petit groupe, il prend le temps avec les détenus d’améliorer leurs compétences de lecteurs, en complément de l’action d’un enseignant avec qui il co-anime ces ateliers.
Pendant ces quelques mois d’intervention, il a pu particulièrement observer les progrès de lecture et d’écriture d’un des participants à l’atelier. En effet, ce détenu a souhaité mieux maîtriser les savoir de bases pour réussir l’examen du code de la route pour obtenir le permis de conduire dans l’objectif de disposer d’un atout supplémentaire pour sa recherche d’emploi.
Toutefois, animer des ateliers en détention est loin d’être facile pour un étudiant bénévole. Par exemple, Nicolas a parfois du mal à adapter les exercices aux niveaux hétérogènes des détenus mais la difficulté la plus importante est souvent psychologique : « passer les murs de la prison ».
Pour cela la formation des bénévoles à l’intervention auprès de ces public en grande difficulté avec la langue est primordiale, Nicolas y a notamment appris à comprendre les obstacles que ces personnes rencontrent lors de leurs apprentissages.

L’engagement d’Agathe au GENEPI émane d’une volonté de comprendre « une microsociété qui questionne » et de s’impliquer pour la réinsertion de personnes qui ont eu des accidents de parcours.
Une fois par semaine, avec Betti, elle passe les portes du centre de détention de Salon-de-Provence pour animer des ateliers de français pour des détenus étrangers. Ceux-ci sont originaires de Roumanie, du Maghreb, d’Italie, d’Espagne...
 
Participer à la formation des bénévoles en début d’année a amené Agathe à mieux appréhender les problèmes rencontrés par les personnes qui apprennent une langue et à commencer ses interventions avec plusieurs « clefs pédagogiques ». Pour mener au mieux leurs interventions, Betti et Agathe travaillent en concertation avec un enseignant qui les oriente et les conseille dans leurs choix pédagogiques.
Les difficultés qu’elles rencontrent dans leurs activités sont liées aux spécificités de la détention, certains détenus ne parviennent pas à s’inscrire dans une régularité : ils trouvent parfois du travail au sein de la prison, ont des parloirs, manquent quelques ateliers et reviennent... Toutefois, Agathe en est convaincue : réunir des personnes de cultures et nationalités si diversifiées dans un lieu aussi singulier que la prison autour de l’apprentissage du français participe à « construire des ponts au travers des murs ».

Cécile intervient une fois par semaine, avec Laetitia, dans le quartier des mineurs du centre pénitentiaire de Metz. Elle apporte un soutien en français à deux jeunes détenus qui ont pour projet d’obtenir un premier diplôme, le CFG, Certificat de Formation Générale, pour préparer leur sortie de prison. Ces derniers ayant connu l’échec scolaire dès l’école élémentaire et, déscolarisés depuis plusieurs années, ils ne maîtrisent pas les savoirs de base. 

La formation de bénévole que Cécile a suivi en novembre dernier lui a permis de découvrir « que dans notre société l’illettrisme existe et qu’il est bien réel » et mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage.
 La principale difficulté que Cécile rencontre pendant ses ateliers est de parvenir à capter et à maintenir l’attention de ces jeunes détenus. Le responsable de l’enseignement de l’établissement soutient Cécile et Laetitia et en les encourageant dans leur activité. Si Cécile, qui suit un cursus universitaire de droit, s’est engagée au GENEPI pour approfondir sa réflexion sur la prison et la justice, elle a aussi découvert cette année toute une réalité sociale : l’illettrisme chez les jeunes et l’incarcération des mineurs.

Pour mieux connaître les engagements du GENEPI.

 

Partager cet article

 

Laisser un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Recherche