Les jeunes médecins se mettent à la langue des signes

Article rédigé par Andrea Paracchini
Agence d’informations Reporters d’Espoirs

A Toulouse, la principale corporation des étudiants en médecine organise depuis 2007 des formations à la langue des signes française. Objectif : permettre aux futurs médecins de prendre en charge les patients sourds-muets sans besoin d’interprètes.

Otez votre chemise », «  toussez trois fois  », « montrez-moi là où ça fait mal  » : autant de consignes simples que chaque médecin a l’habitude de donner à ses patients. Mais lorsqu’il se trouve face à des personnes sourdes-muettes, ces échanges peuvent devenir très compliqués, au point d’avoir recours à un interprète. Cette difficulté au dialogue n’existerait pas si chaque étudiant en médecine prenait des cours de langue des signes pendant sa formation. Problème : les formations de ce type n’existent guère.

Pas découragés pour autant, les membres de l’Association corporative des étudiants en médecine de Toulouse (ACMT) n’ont pas attendu qu’elles tombent du ciel : ils les ont organisées eux-mêmes.
Depuis octobre 2007, deux groupes de 15 élèves peuvent pratiquer 50 heures de formation à la langue des signes française au rythme de deux heures par semaine.
Cécile, étudiante en troisième année, vient de passer le deuxième niveau et compte se réinscrire à la rentrée pour continuer. « J’ai toujours été intéressée par les langues étrangères, confie-t-elle. La langue des signes n’est qu’une autre langue française qui me permet de parler avec plus de personnes ».
Comme elle, quelques 70 jeunes de 19 à 24 ans (étudiants en médecine mais aussi sages-femmes, orthophonistes et futurs psychologues) postulent chaque année pour participer à la formation. Les cours sont assurés par des formateurs agréés qui adaptent le contenu des séances aux exigences spécifiques de leurs élèves. « Si, au premier niveau, on s’attaque au vocabulaire de base, à la syntaxe et à l’orthographe, on aborde le jargon médical dès qu’on a acquis une maîtrise suffisante, explique Gauthier Benat, étudiant et responsable de la formation. Nous pouvons ainsi instaurer un contact direct avec le patient sourd-muet ». Libre à eux, ensuite, de mettre à l’épreuve leur maîtrise de la langue en situation réelle. Ou alors de participer à des stages organisés par l’Unité d’accueil et de soins en langue des signes de l’hôpital La Grave de Toulouse.

Soutenue par la Fondation Orange, la formation a bénéficié de 5 000 € de subventions pour 2008 et 2009. Aujourd’hui, elle compte également sur le soutien de la mairie de Toulouse et de la Caisse d’assurance maladie locale. Ces nouveaux soutiens vont permettre à l’ACMT d’offrir gratuitement une formation qui, jusqu’à aujourd’hui, coûtait 20 € par an. 

Contact : Gauthier Benat, Association corporative des étudiants en médecine (ACMT) - +33 6 87 46 25 10 - corpolsf@yahoo.fr

Article rédigé par Andrea Paracchini
Agence d’Informations Reporters d’Espoirs

La Fondation Orange confie à l’Agence d’informations Reporters d’Espoirs la rédaction d’articles sur des initiatives qu’elle soutient. Ces initiatives ont été validées selon les critères de la charte éditoriale Reporters d’Espoirs. Les articles ont pour mission de rendre compte de leur développement et de leurs résultats.

 

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1 commentaire

vendredi 2 octobre 2009 17:33 par isabelle

bonjour, je trouve cette initiative très positive au sein de la communauté médicale. une note d'espoir pour toute une partie de notre pays qui est bien peu connue des non-signeurs

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