Martin Mastalir,
la réussite ne vaut que si elle est partagée

Santé - Slovaquie

"J’avais l’impression que les gens devenaient indifférents, qu’ils arrêtaient de se préoccuper de ce qui se passait autour d’eux », raconte Martin Mastalir, chef de produit marketing B2B chez Orange, en Slovaquie.

Ce sentiment désagréable lui est venu il y a une dizaine d’années. En 2004, il décide alors de mettre ses compétences professionnelles au service de la Fondation Orange. « Je m’occupe de la mise en place des programmes qui ont reçu un financement. Le dernier avait pour but de développer la thérapie Snoezelen dans une école accueillant des enfants en difficulté. Cette thérapie consiste à placer la personne dans un environnement apaisant qui stimule les sens.
Elle s’adresse à des enfants qui ont des problèmes d’apprentissage, de communication, de comportement, un handicap physique ou mental. »
Martin Mastalir a également rejoint l’Association Slovaque des Samaritains qui vient en aide aux personnes âgées. « En ce moment, mon rôle est d’élaborer un business model pour lancer une campagne de communication d’urgence. » Selon les projets, il peut plancher de une à dix heures chaque mois. « Mes proches me soutiennent parce qu’ils pensent que l’engagement dévoile le meilleur de nous-mêmes.

J’ai deux enfants, une fille de 3 ans et un garçon de 6 ans. Je me dis qu’ils pourraient évoluer dans un monde plus accueillant. La bonne nouvelle, c’est que nous avons les moyens d’agir dans cette direction. J’ai grandi en Slovaquie sous un régime communiste. C’est forcément biaisé par mon regard de petit garçon, mais j’avais l’impression que les gens étaient plus proches. Il y a une vraie menace à voir les ens vivre de plus en plus cloisonnés, obnubilés par leur propre vie, étrangers à ce qui peut arriver à leur voisin… »

"L’engagement dévoile le meilleur de nous-mêmes"

Depuis qu’il s’est investi, Martin Mastalir a trouvé la réponse à ses interrogations : l’égoïsme n’est pas la clé du succès. Il en est aussi la preuve : à 35 ans, il occupe d’importantes fonctions au sein d’une multinationale, mais il n’a pas oublié de faire de la place aux autres dans son quotidien. « Nous devons partager nos réussites. Il ne s’agit pas de se lancer des défis impossibles, au contraire ! Réaliser une multitude de petites actions vaut mieux que de viser un grand objectif qu’on ne pourra pas atteindre. » Le jeune père de famille veut rester optimiste. « L’argent ne peut pas devenir l’unique moteur de la société. La meilleure réponse face à cette tendance, c’est de donner sans plus attendre. J’y crois, car il y aura toujours des volontaires pour accomplir ce geste. »

Portrait réalisé par Apolline Guichet