Portraits de femmes d’exception - Zakia Mzili-Couderc

Suite de notre série de portraits de femmes d’exception.

Écoutons Zakia Mzili-Couderc, directrice de la Maison des Femmes d’Asnières sur Seine.

Née au Maroc, Zakia Mzili-Couderc est diplômée d’un 3e cycle en psychologie. Elle a un parcours exemplaire et atypique chez les femmes de sa génération. Elle a très tôt réalisé que l’autonomie passait par la connaissance et l’éducation.

« La Maison des Femmes c’est l’école des femmes tout simplement, les cours c’est matin et après-midi. Je pars d’un seul principe, chaque individu a le droit à un minimum de savoir. »

Depuis 1994, elle est directrice de la Maison des Femmes d’Asnières sur Seine. La Maison des Femmes propose des actions en faveur de l’intégration des femmes d’origine étrangère par le biais de l’apprentissage de la langue française (formations aux savoirs de base, français langue étrangère, alphabétisation, remise à niveau), des ateliers de socialisation et de médiation sociale et culturelle.

« Je me suis engagée depuis 17 ans parce que je trouve que c’est un travail porteur pour tout le monde, pour la société, la ville, le quartier, l’avenir, le monde entier. Les apprenantes de la maison des femmes sont des piliers. Derrière elles, je vois une fille, un garçon, des enfants, je vois le futur. »

« Si on est là aujourd’hui, c’est aussi pour parler de nos choix de vie. Je suis d’accord avec Olga, la vie c’est une perception. J’ai trouvé ma perception en travaillant avec des femmes analphabètes qui n’ont jamais été scolarisée, qui ne savent pas ce qu’est la vie, communiquer avec l’autre, échanger, parler de sa vie. »

La Fondation Orange a soutenu à deux reprises la démarche de la Maison des Femmes d’Asnières en l’aidant à acquérir des outils pédagogiques, du matériel informatique et à préparer les participantes des ateliers d’apprentissage du français au passage d’un premier diplôme : le « Passeport Internet Multimédia ».

« Nos programmes sont adaptés à des groupes d’apprenantes en majorité d’origine étrangère. On peut parler de la femme en tant que femme, indépendante par rapport à l’homme et dans sa vie. On peut parler de la santé, de la parentalité, de l’environnement, de l’hygiène, de la citoyenneté, de la laïcité. On peut aussi aborder la notion d’égalité entre hommes et femmes voire l’égalité entre garçons et filles.
Nos objectifs dépassent le simple aspect linguistique. Nous voulons réussir l’intégration des femmes et des générations futures. »

« Nous veillons énormément à mettre en pratique des modalités d’intervention axées sur une qualité d’accueil. Nous mettons notre âme, notre esprit dans cette rencontre avec l’autre. Même avec nos maigres ressources, 12 personnes dans l’association, nous essayons de faire un travail de prise en charge individuel. »

« Les apprenantes de la maison des femmes, qui ont encore le courage d’aller ou de découvrir l’école m’ont appris ce que c’était de devoir se mouvoir dans la société lorsqu’on ne maitrise absolument pas la langue du pays dans lequel on vit. »

« La maison des femmes leur permet de sortir de leur univers clos, avec l’espoir d’une vie meilleure et un désir de compréhension, une disposition à partager le peu qu’elle possède. Je partage tout ça avec une équipe formidable animée d’une curiosité et un désir permanent de formation et d’amélioration. »

« J’ai un rêve : celui que la prophétie d’Aragon se réalise, la femme est l’avenir de l’homme. »

Pour plus d’informations, vous pouvez visiter le site internet de la Maison des Femmes d’Asnières sur Seine :

http://lamaisondesfemmes.as.free.fr/

 

 

 

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