Portraits de femmes d’exceptions - Olga Faure Olory

Suite de notre série de portraits de femmes d’exception...
Cette semaine nous vous proposons le portrait d’Olga Faure Olory, née en 1964 à Cotonou (République du Bénin, ex-Dahomey).

« Je suis malvoyante comme cela ne se voit pas. J’ai une malvoyance qui a été découverte à l’âge de six ans. C’est la perte de la vision des détails, quand je regarde mes mains je ne vois pas mes ongles. J’ai appris à trouver des trucs et astuces pour vivre le plus pleinement possible. On peut arriver aujourd’hui à bien vivre avec un handicap. Je ne dis pas que c’est facile, mais c’est faisable. »

Après une formation universitaire de traducteur-interprète (anglais/espagnol), Olga Faure Olory s’est tourné vers le monde du journalisme. En 1995, elle fonde le journal l’Agrandi, premier magazine français en gros caractères. L’Agrandi reprenait essentiellement des articles parus dans la presse magazine et quotidienne et dont les auteurs et publications renoncent à leurs droits pour ce journal.

« J’ai rencontré la Fondation Orange au moment où j’étais en plein effort avec mon magazine L’Agrandi. Les personnes qui voient mal ont besoin d’être reliées au monde par la lecture. »
« La Fondation a lancé un axe de mécénat sur l’accès à la culture des personnes déficientes visuelles. L’Agrandi s’est fait le relai de ces événements.
On m’a ensuite demandé de venir faire partie des comités et j’ai accepté avec plaisir cette proposition. »

La Fondation a aussi soutenu en 2008 la publication du livre d’Olga Faure Olory Et si le monde n’était que perception ou comment bien vivre avec une basse vision, ainsi que la version agrandie de cet ouvrage destiné aux malvoyants.
L’ouvrage est également composé de fiches pratiques pour faire partager aux lecteurs des astuces pour bien vivre quand on voit mal.

« Parce que le monde n’est que perception pour moi. Et je vais vous expliquer pourquoi pour vous aussi il l’est. Pour moi, tout est question de regard. Quoiqu’il vous arrive, que ce soit en bien ou en moins bien, on peut arriver à positiver les événements de la vie quotidienne, même s’ils sont douloureux ou difficiles. »

« Mon parcours est assez atypique puisque j’ai eu une malvoyance détectée à l’âge de 6 ans. J’étais beaucoup dans un monde de rêve. Je n’aimais pas seulement voir le monde mais aussi l’inventer. Je dessinais beaucoup, je créais beaucoup. Ma façon de voir les choses était assez colorée et je la partageais. Je ne voyais pas les choses comme les autres. A la place d’un feu rouge, je disais y a un bonhomme en face qui nous tend les mains. Mon entourage a eu beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait, et moi beaucoup de mal à le communiquer. »

« Je suis arrivée en France à cause de ma malvoyance, au Foyer des jeunes aveugles. Ma famille a pu venir en France seulement huit mois après ma mise en pension. Quand on a fermé cette porte devant moi, je me suis dit ‘Ce n’est pas possible, moi je décide que je vais voir et je vais m’en sortir, je vais grandir dans de bonnes conditions, je ne resterai pas chez les aveugles.’
Le lendemain de ce jour-là, je me suis réveillée, je me suis dit « Ma vie est une expérience. Je suis dans ce monde pour apprendre. Quel est le sens de la vie ? Ma vie c’est peut-être d’apprendre à voir. Quand j’aurais bien appris à voir, j’apprendrais aux autres à voir, je suis persuadée que c’est possible ».
De ce jour, ma vie a changé. »

« La vie n’est que perception. L’événement est compliqué si on le voit de façon compliqué, l’événement est douloureux si on le voit de façon douloureuse. On peut arriver à mettre du sourire et de l’espoir là où on pense qu’il y en a plus.
Le message que je veux faire passer aujourd’hui : n’hésitez jamais à faire de vos vies ce que vous pensez qu’elles méritent. Tout le monde mérite le meilleur. Il faut aller le chercher, il faut puiser dans ses réserves. »
« Ne pas s’en vouloir si on baisse les bras, on a le droit de se poser aussi. On est humain, c’est-à-dire pas forcément abouti, on est en chemin. En chemin, on peut tomber, il faut se relever. »
« Ce n’est pas facile au quotidien parce qu’il y a des moments de faiblesse, mais je positive et je suis vraiment comblée dans ma vie de femme.
Quoiqu’il vous arrive dans la vie, positivez, allez toujours plus loin. Si aujourd’hui vous n’êtes pas contents des circonstances dans lesquelles vous vivez, ce n’est pas grave. On a les moyens, vous avez chacune les moyens de remédier à ça. Je pense que chaque personne reçoit dans la vie les épreuves qu’elle peut surmonter. »

La vitalité d’Olga est contagieuse, son courage étonnant. Mère de deux enfants, elle est également chanteuse et interprète salsa.

 

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