Soha Fathy,
la transmission est en marche

Quand Soha Fathy obtient sa licence d’administration des entreprises en 2011, elle est immédiatement embauchée au sein de Mobinil, la filiale égyptienne d’Orange au Caire.

Education - Egypte

La jeune femme de 24 ans a conscience de sa chance et s’engage dans le même temps au sein de l’association Injaz : « Cette organisation a pour but de construire un pont entre le système éducatif et le monde du travail, explique-t-elle. J’ai eu la chance de pouvoir étudier dans des écoles privées et d’intégrer le lycée américain du Caire. Je sais que ce n’est pas le cas de la majorité des jeunes Égyptiens. » L’association fait appel à des volontaires venus du monde de l’entreprise pour partager leur expérience et dispenser des cours qui ne sont pas prévus au programme scolaire. « C’est pour moi un devoir de transmettre ce que j’ai appris. Si des jeunes ont envie d’acquérir ces connaissances à leur tour, le manque de moyens ne doit pas être un frein. »

Deux mois par an, Soha Fathy donne un cours de sensibilisation à l’environnement. « Je me rends au collège toutes les semaines, j’explique les bénéfices du recyclage, l’importance de vivre dans un environnement sain, les effets pour l’avenir du pays mais aussi pour notre propre santé. » Si Soha Fathy affirme ne rien attendre en retour, elle est souvent surprise par l’accueil qui lui est réservé. « Je me souviens d’un groupe de filles très sceptiques lors de notre première entrevue. J’essayais de leur montrer qu’on pouvait transformer une bouteille d’eau, une canette ou un rouleau de papier toilette. À chaque fin de cours, on imaginait ensemble ce qu’on pourrait faire avec au lieu de les jeter. Le dernier jour, j’ai été étonnée par leur créativité : elles avaient fabriqué une trousse en papier carton et une bougie à partir d’un bocal en verre. Ces jeunes n’ont pas l’habitude qu’on leur apporte de l’aide, ils sont très réceptifs à ce qu’on peut leur dire. Ils ont des ressources mais besoin de quelqu’un pour provoquer un déclic. »

"La diffusion des connaissances ne doit jamais s’arrêter"

Chez Mobinil, au département des ressources humaines, Soha Fathy organise les formations des employés pour qu’ils soient « au fait des dernières évolutions technologiques ». Au sein de l’association Injaz, elle est confrontée à d’autres enjeux liés à la formation. Mais qui sait si, demain, ses élèves ne deviendront pas ses collègues ? En attendant, la jeune femme s’efforce d’appliquer sa devise partout où elle passe : « La diffusion des connaissances ne doit jamais s’arrêter. »

Portrait réalisé par Apolline Guichet.