Solange Akoua,
l’école du partage

éducation - Côte d’Ivoire

Parce que vivre c’est partager » : Solange Akoua a fait sienne la devise de la Fondation Orange Côte d’Ivoire Telecom.
Embauchée en 2001 à Abidjan au sein du Groupe Orange qui compte aujourd’hui plus de 1 300 salariés et gère 7,5 millions d’abonnés, Solange débute comme comptable avant d’accéder six ans plus tard au département trésorerie. Elle y effectue une moyenne de 800 paiements de factures par mois auprès de plus de 1 000 fournisseurs réguliers. « En payant un fournisseur, je dénoue un problème chez lui et j’ai la satisfaction de tenir les engagements de mon entreprise », souligne cette femme aux valeurs puisées dans son enfance.

"Savoir aider à son tour"

Jusqu’à l’âge de l’école primaire, elle grandit dans la région du Boukani, au nord-est du pays. Une savane sans avenir qui survit péniblement de la culture de la noix de cajou. Pour l’aider à réaliser son rêve de devenir comptable, ses parents la confient dès 13 ans à une famille amie installée à Dabou, à 600 kilomètres de chez eux, où elle peut suivre une scolarité dans le collège où le père est proviseur. « Je ne voyais ma chère famille que durant les vacances d’été, mais j’ai vécu cette expérience comme une chance que mes six frères et soeurs – qui n’ont pas dépassé le niveau de l’école primaire – n’ont pas eue. » Tout est dans la façon dont on vit les choses ! Comptable diplômée en 1997 de l’École Pratique de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, elle n’en oublie pas pour autant les siens : « Quand on s’en est sorti grâce à la volonté de ses parents, il faut garder espoir et savoir aider à son tour. »

Ce moment de solidarité arrive en avril 2005 lorsqu’elle apprend que l’école primaire de Bobé –qu’elle a fréquentée enfant – a disparu sous les flammes en pleine saison sèche. « Pendant trois ans, des enfants ont continué d’étudier dans des conditions pénibles, d’autres se sont découragés », se souvient Solange qui n’a cessé de remuer ciel et terre pour mobiliser des fonds jusqu’à obtenir l’intervention de la Fondation Orange Côte d’Ivoire Telecom à hauteur de 40 millions de francs CFA (61 000 euros). Résultat : en septembre 2011 l’école renaît de ses cendres avec six classes équipées, réparties entre un bâtiment neuf et un bâtiment réhabilité. Ces nouvelles bâtisses attirent aujourd’hui les enfants, mais aussi les femmes du village qui se sont organisées pour suivre des cours d’alphabétisation. Une double victoire pour Solange qui, de son côté, à Abidjan, maintient sur le chemin de l’école ses quinze enfants à charge : les siens (deux), ceux de son époux et ses neveux et nièces. Quelle classe !

Portrait réalisé par Nouara Benaï