Spectacles en audiodescription : quand sons et images se mettent au diapason…

Pour le plus grand bonheur de tous les fans de chant lyrique, des œuvres aussi magistrales que La flûte enchantée de Mozart sont adaptées depuis 2006 à l’audiodescription par l’Opéra national de Bordeaux. La démarche permet aux spectateurs aveugles et déficients visuels de saisir toutes les nuances scénographiques de la représentation via des casques audio. Une manière de donner accès à la prouesse vocale des artistes autant qu’à la beauté de l’espace, des costumes et décors…

A Bordeaux, l’Opéra mène une politique soutenue d’ouverture vis-à-vis de toutes les personnes qui ne viendraient pas d’elles-mêmes à lui en raison de difficultés sociales, problèmes de santé ou handicaps. Depuis 2006, c’est notamment pour les spectateurs déficients visuels que des solutions sont apportées. Aurore Sallaberry, chargée de mission, explique : "A l’époque, nous avons reçu des subventions de la Fondation Orange pour acheter une trentaine de casques conçus pour des spectacles en audiodescription. Des casques très légers qui laissent passer toute la force du chant tout en délivrant des commentaires relatifs à la mise en scène, aux décors et costumes".
Comment ça marche ? C’est en fait assez simple : lors de la représentation, un régisseur diffuse des messages préenregistrés apportant des informations que les personnes déficientes visuelles ne peuvent percevoir, comme par exemple les sorties et entrées de scène des artistes. Un système plus que positif selon Guy Latreille de Lavarde, responsable des activités culturelles au sein de l’Unadev (Union nationale des aveugles et déficients visuels). Lui-même est malvoyant et trouve les commentaires très bien adaptés : "Ils sont succincts mais suffisants. Ca permet de mieux comprendre l’œuvre. On peut vraiment suivre comme tout le monde…"
Des programmations bien rôdées…
L’Opéra national de Bordeaux propose trois spectacles par an sur la base de ce système, à raison de deux représentations. Au programme 2009/2010 : Des brigands d’Offenbach, La flûte enchantée de Mozart et enfin Voyage à Reims de Rossini. Pour chacune de ces œuvres, un long travail de préparation a été réalisé par l’association parisienne "Accès Culture", spécialisée dans l’adaptation d’opéras et pièces de théâtre en audiodescription. C’est elle également qui s’occupe de la conception des programmes en gros caractères et en braille envoyés par avance aux spectateurs malvoyants.
A chaque représentation, ils seront donc 29 à pouvoir bénéficier de places réservées parmi les 1 100 que compte la salle de l’Opéra. "Et comme ils ne souhaitaient pas se voir accorder un tarif préférentiel, nous avons néanmoins instauré un tarif à 8 € pour ceux, proches ou amis, qui les accompagnent", ajoute-t-elle. Si les personnes déficientes visuelles sont seules, c’est alors au personnel d’accueil de l’Opéra de les guider à leur place avant et après le spectacle.
Et ce n’est pas tout !
Des activités gratuites sont également proposées pour permettre aux malvoyants de "visualiser" l’œuvre et de mieux se l’approprier avant même le jour de la représentation. Ainsi, entre deux semaines à un mois avant le jour J, une conférence est assurée par Laurent Crozier, historien et dramaturge à l’Opéra national de Bordeaux. "Homme passionné et passionnant, il vous met de plein pied dans l’œuvre, commente Guy Latreille de Lavarde. Il vous fait toucher les costumes et les accessoires. On comprend alors qui porte quoi et qui fait quoi avec tel ou tel objet…" 
Et puis il y a aussi les ateliers de Brigitte Bonnet. Membre du chœur de l’Opéra, elle initie les futurs spectateurs au chant en les faisant s’exercer sur des extraits de l’œuvre qui va être écoutée. "C’est tellement complémentaire et sympathique que nous nous sommes engagés avec l’Unadev dans une convention avec l’Opéra pour aider à financer les projets tournés vers la déficience visuelle", précise Guy. Et des projets justement, l’Opéra de Bordeaux n’en manque pas. Le prochain en date : la création d’une maquette tactile, également financé par la Fondation Orange, montrant l’intérieur et l’extérieur du bâtiment ! "Car l’Opéra c’est bien sûr un ballet, un chœur, un orchestre… mais c’est aussi un monument d’une grande richesse historique et architecturale". Ca aussi, il faut pouvoir le montrer conclut Aurore Sallaberry…

Contacts :
Aurore Sallaberry, Opéra national de Bordeaux, a.sallaberry@onb.fr
Accès culture(s), http://www.accesculture.org/  ;

Article rédigé par Magdeleine Walger
Agence d’informations Reporters d’Espoirs

La Fondation Orange confie à l’Agence d’informations Reporters d’Espoirs la rédaction d’articles sur des initiatives qu’elle soutient. Ces initiatives ont été validées selon les critères de la charte éditoriale Reporters d’Espoirs. Les articles ont pour mission de rendre compte de leur développement et de leurs résultats.

 

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