Niger : de l’argent électronique pour acheter de la nourriture sur les marchés locaux

Pour la première fois au Niger, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) utilise la technologie de la téléphonie mobile pour effectuer des transferts monétaires qui aideront les plus pauvres à acheter de la nourriture sur les marchés locaux.

TILLABÉRI – « Aujourd’hui, on va vous donner un téléphone, » explique Smael Boureima, du PAM à des dizaines de femmes rassemblées devant un petit immeuble en ciment et qui écoutent attentivement la description des transactions qu’elles pourront accomplir avec leur nouvel outil. Ce jour-là, pour la première fois, l’agence utilise la technologie de la téléphonie mobile pour effectuer des transferts monétaires au Niger. C’est aussi la première fois que de l’argent est distribué en zone urbaine pour venir en aide aux plus défavorisés. Pour mettre sur pied ce programme innovateur, le PAM s’est associé à Oxfam et à l’entreprise de téléphonie mobile Orange-Niger

Difficulté à joindre les deux bouts

 Fatima Mamoudou ne peut s’arrêter de sourire et remercie tous ceux qui sont associés au nouveau programme. Elle a 5 enfants et explique que malgré leurs efforts, elle et son mari ont beaucoup de difficulté à joindre les deux bouts.« J’achèterai de quoi manger, dit-elle, grâce à l’argent qui sera déposé sur le compte électronique de son téléphone cellulaire. « C’est ce dont ma famille a vraiment besoin. »

Les femmes choisies pour recevoir les transferts monétaires ont été soigneusement sélectionnées pour s’assurer que l’argent aille aux familles les plus démunies. Durant les 5 prochains mois, elles recevront 32 500 CFA, ou l’équivalent de 65$US par mois en argent électronique.

Les Nigériens viennent d’entamer ce qui est souvent décrit au Sahel comme la saison de la faim. Durant les mois d’été, pour les moins nantis, la nourriture devient souvent rare ou trop chère.

« Nous savons depuis plusieurs mois que cette année, la période de soudure sera extrêmement difficile pour les gens les plus pauvres, » explique Denise Brown, Représentante du PAM au Niger. « Nous nous sommes préparés et travaillons avec le gouvernement et nos partenaires pour continuer à augmenter l’ampleur et la portée de nos programmes pour s’assurer que les plus vulnérables puissent passer à travers ces mois difficiles sans souffrir de la faim. »

Stimuler les économies locales

Durant la période de soudure, le PAM continue de soutenir les plus vulnérables avec des transferts monétaires inconditionnels et des distributions de vivres pour s’assurer que les agriculteurs puissent se consacrer à leurs récoltes et que les plus pauvres vivant en milieu urbain aient aussi accès à une assistance alimentaire.

« Nous donnons présentement de l’argent à environ 1 million de personnes, soit en utilisant la technologie de la téléphonie mobile, soit par des transferts monétaires, » dit Giorgi Dolidze, responsable de ces projets pour le PAM au Niger. « Nous utilisons de l’argent dans les zones où les marchés fonctionnent, ce qui donne aux gens la liberté de choisir eux-mêmes les aliments qu’ils vont consommer. » L’argent dépensé dans les marchés a aussi pour effet de stimuler les économies locales.

« Un grand soulagement »

Dans les zones reculées du pays où l’accès à la nourriture est difficile, le PAM prévoit d’aider 1,6 million de personnes durant les 4 prochains mois avec des distributions de céréales, de légumineuses et d’huile végétale fortifiée.Au marché de Tillabéri, il y a de la nourriture. Le problème de nombreux Nigériens, comme Thiassou Adamou, c’est qu’ils n’ont pas d’argent pour en acheter.

Adamou a 9 enfants. Même s’il a fréquenté l’école, il explique qu’il n’a pas pu rester en classe assez longtemps pour apprendre un véritable métier. Se trouver du travail est une tâche quasi quotidienne. Il vit de petits boulots trouvés tantôt en ville, tantôt dans les champs près de Tillabéri. « Parfois j’ai honte de rentrer chez moi parce que je n’ai rien gagné, » dit-il.

Sa femme, Kadi Hamani, explique que garder sa famille en bonne santé est un défi, spécialement lorsqu’elle a à peine de quoi cuisiner un repas par jour. Téléphone en main, elle est prête à recevoir son premier transfert d’argent électronique. « C’est un grand soulagement pour ma famille, » dit-elle. Les transferts monétaires aideront aussi des dizaines de milliers d’autres familles à devenir à nouveau clients des marchés du pays. »

 

 

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