autisme : les avancées de la recherche, interview d'Inci Unsaldi-Cordier

Troisième volet de notre série d’entretiens avec des chercheurs travaillant dans le domaine de l’autisme.

Inci Unsaldi-Cordier est psychologue clinicienne et docteur en psychopathologie. Cet interview a été réalisé par Kérima Nicholls.

 

Qu’est ce qui vous a amené à la recherche et plus particulièrement l’autisme ?

J’ai toujours eu cette envie de travailler dans le handicap, c’est un domaine qui a attiré mon attention très tôt, la recherche, elle, est venue dans un second temps. Dans le cadre de mes études en psychologie, j’ai réalisé des stages dans des structures où l’on accompagnait des enfants avec différentes pathologies et parallèlement je rencontrais des familles dont les enfants étaient atteints d’autisme.

J’ai commencé mon cursus à l’étranger, en Turquie plus précisément, il y environ 15 ans et on ne connaissait pas bien l’autisme. Ce n’était pas médiatisé comme cela l’est aujourd’hui et on ne connaissait pas de prise en charge adaptée. Ainsi, au quotidien face à certains enfants, je me sentais en difficulté, je ne savais ni comment communiquer avec eux, ni comment les accompagner. Comme je voulais faire au mieux mon travail, je me suis intéressée à cette pathologie ; plus je m’intéressais à l’autisme, plus je me rendais compte qu’il y avait énormément de choses à découvrir pour avoir les clés d’un accompagnement adapté.

Quelle a été la suite de votre parcours une fois votre thèse soutenue en 2008 ?

La formation se révèle in fine être la meilleure manière pour moi de faire le lien entre la recherche et le terrain. Je pense qu’en tant que formateur on a le rôle de diffuser les connaissances issues des nouveaux domaines qui sont exploités dans le monde de l’autisme. Beaucoup de recherches sont très intéressantes mais sont connues par une minorité. Elles sont peu communiquées aux familles, et aux professionnels qui sont sur le terrain et n’accèdent pas à ses informations par manque de temps.

En résumé, j’ai le sentiment de combler le manque que je peux éprouver vis-à-vis de la recherche en étant formatrice. En effet, je travaille pour la diffusion de ces informations et connaissances scientifiques auprès du grand public et des publics plus avertis (psychologues, éducateurs spécialisés, moniteurs éducateurs, aides médico-psychologiques et toutes personnes qui interviennent auprès de personnes avec autisme).

 

En parallèle de votre activité de formatrice, vous avez un cabinet de psychologie où vous êtes installée. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Depuis l’obtention de ma thèse, je me suis installée en libéral à mi-temps. J’accompagne uniquement des enfants et des adolescents atteints d’autisme. Je fais partie d’un réseau d’associations qui m’adresse régulièrement des enfants et des adolescents que je prends en charge.

Je suis actuellement une quinzaine de familles. Le travail avec chacune d’elles est différent. Je vois certaines familles régulièrement et d’autres une fois par mois pour assurer la guidance parentale. Pour les plus éloignées de mon cabinet, on se voit une demi-journée tous les trimestres où l’on passe en revue tout ce qui est problématique. Enfin, je vois certaines familles de manière hebdomadaire où je travaille directement avec l’enfant. C’est vraiment à la carte en fonction des besoins de chaque famille.

 

Envisagez-vous votre parcours organisé de la même manière c’est-à-dire une moitié du temps en cabinet et l’autre en tant que formatrice, ou bien différemment ?

Je pense que cela évoluera en partie parce que j’aime particulièrement les défis. Néanmoins, je pense rester toute ma vie dans le domaine de l’autisme. Mon objectif pour le moment est de travailler davantage dans la formation parce que je pense que la diffusion d’informations est primordiale mais qu’elle reste insuffisante.

J’espère par la suite, en tant que praticienne, revenir un peu à la recherche en participant à des projets de recherche avec des équipes hospitalières ou universitaires. Je pense que la recherche est l’aspect qu’il manque aujourd’hui à mon équilibre professionnel.

 

Que pensez-vous de la dynamique actuelle de la recherche sur l’autisme ?

Ce qui est intéressant maintenant, c’est que lorsqu’on évoque l’autisme, on parle des avancées de la recherche. On arrive aujourd’hui à avoir des liens pratiques, des clés que l’on ne trouve pas nécessairement dans d’autres domaines de recherche.

 

Quels sont vos souhaits par rapport à ce handicap ?

J’espère qu’un jour on arrivera à apaiser les tensions autour de ce sujet qu’est l’autisme. Je souhaiterais que ce ne soit plus un sujet de conflit entre les professionnels et les institutions. Mon souhait est qu’on puisse travailler sereinement à partir d’une bonne base scientifique.

Ensuite, je pense que nous les professionnels, nous nous devons de travailler avec les parents. Personnellement, je ne me vois pas travailler seule parce que c’est grâce et avec les familles que l’on peut avancer. Ce sont nos partenaires. Ainsi, il est souhaitable qu’on essaye de comprendre les familles, qu’on travaille avec elles et non contre elles.

 

Le samedi 29 septembre, la Fondation Orange organise à l’Institut Pasteur un colloque consacré aux dernières avancées de la Recherche sur l’autisme,

 

 

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