Education des filles dans la région de la Haute Égypte

Actions mises en oeuvre :
Renforcer les connaissances de base
Selon leur niveau de départ, les jeunes femmes suivent les cours d’alphabétisation, ou, si elles ont déjà obtenu le certificat d’alphabétisation, le cycle préparatoire.
A l’issue de ce cycle, une vingtaine d’entre elles, les plus motivées et méritantes, recoivent une bourse pour monter une activité économique ou poursuivre leurs études.
L’apprentissage des connaissances de base en écriture, lecture et mathématiques s’accompagne d’une sensibilisation aux pro¬blèmes sanitaires, visant à améliorer la vie quotidienne des femmes.

Favoriser l’autonomie et l’insertion professionnelle
Le programme propose diverses activités, visant à faire réfléchir les jeunes femmes sur des problématiques sociales et culturelles : rencontres pour échanger sur leurs droits, excursions, rencontres avec les parents ou encore ateliers de mise à jour des papiers administratifs. Pour favoriser leur insertion professionnelle, les étudiantes participent une fois par semaine à des ateliers d’artisanat où elles peuvent s’initier à la broderie, au tissage, à la confection de tapis, à la fabrication de savon, ou encore à la coiffure. L’objectif étant l’acquisition de compétences professionnelles leur permettant d’augmenter leurs revenus, et donc d’être plus autonomes.

Contribuer à la formation du personnel encadrant
De sessions de formation sont organisées afin d’améliorer le niveau culturel et la qualité de l’enseignement des enseignantes et des coordinatrices.

Résultats : 331 étudiantes ont pris part aux cours d’alpha bétisation, soit 11 de plus que prévu. 82 étudiantes sur les 98 qui passaient l’examen de l’Autorité Nationale pour l’Alphabétisation et l’Éducation des Adultes ont obtenu le Certificat officiel. 59 jeunes femmes se sont inscrites dans les classes spéciales du cycle préparatoire alors que le projet avait prévu d’en accueillir 30 en deux ans. Il a donc fallu s’adapter pour répondre à la forte demande.
Malgré quelques difficultés, les diverses activités ont aidé les étudiantes à mieux appré hender le contexte socio-culturel dans lequel elles évoluent, et à réfléchir en toute liberté à la façon dont elles vont construire leur vie.


TEMOIGNAGE

« Un de mes rêves était d’apprendre et de pouvoir aider ma fille. » Mona Nakhnoukh, une jeune femme de la région de Sohag, l’une des plus pauvres d’Egypte, a eu la chance de suivre des cours d’alphabétisation. Un moyen pour elle de sortir de son environnement habituel, de rencontrer d’autres jeunes femmes, et surtout d’apprendre enfin à lire et écrire. Car comment aider sa fille, élève en primaire, à faire ses devoirs ? Comment déchiffrer les lettres de son mari, parti en voyage ? Mona a travaillé dur pour progresser, et, toute fière de ses résultats, elle a proposé à son mari, marchand de profession, de l’aider pour tenir les comptes de sa boutique. Las ! Lui et ses amis lui ont ri au nez…Une femme, tenir les comptes ? C’est donc un homme qui fut embauché pour accomplir cette tâche. Mais Mona avait de la suite dans les idées, et, sans que personne n’en sache rien, elle a tenu sa propre comptabilité. Quelle ne fut pas la surprise de son mari quand il découvrit les talents de son épouse !