faire de la scolarisation des filles une réalité

actions mises en oeuvre

Mobilisation de la communauté
Afin de communiquer sur le projet et d’obtenir l’engagement des acteurs locaux, une réunion a été organisée le 10 Juillet 2008 à Balleyara. Toutes les autorités administratives, municipales et coutumières des trois communes ainsi que le Préfet du département de Filingué y ont participé. Cela a permis de valider le choix des 15 écoles et de discuter du mode opératoire du projet. Le renforcement des responsabilités des acteurs locaux en est l’un des axes prioritaires. Et, selon Amadou Mamane, conseiller pédagogique à l’IEB de Balleyara : « Si on peut avoir ce type d’intervention dans toutes les écoles, le défi de l’éducation pour tous sera facilement relevé. »

Implication des femmes
Le projet « Filles à l’école » cherche à impliquer les femmes dans la gestion du système éducatif du village. Elles ont reçu des formations sur le thème de la scolarisation des filles et ont appris à s’exprimer publiquement et à débattre sur ce sujet. Dans certains villages, par exemple Tassi Sofa Koira ou encore Hainissimorou Bella, les femmes membres des CME (Comité des mères éducatrices) organisent des réunions avec les APE (Association des parents d’élèves) et les enseignants pour discuter de la vie scolaire. Fortement mobilisées lors du processus de recrutement des élèves pour la rentrée 2008 – 2009, elles surveillent aussi l’absentéisme à l’école. Certaines sont réellement engagées dans le combat pour la scolarisation des filles. Les membres des 15 Comités des Mères Educatrices ont désigné 6 d’entre elles pour les représenter à la célébration de la journée de la femme nigérienne, le 13 Mai 2009 à Balleyara.

résultats

  • Accroissement des effectifs scolaires et en particulier ceux des filles : 46 scolarisées en 2007-2008, près de 450 après la mise en place du projet.
  • Renforcement de l’implication et de la motivation des femmes : « Maintenant que nous sommes entrées dans l’arène, il va y avoir du changement », s’enthousiasme Fatimane Alkassane, présidente CME Hainissimorou Bella.

témoignage

« Avant le projet Filles à l’école, nous avions beaucoup de difficultés à faire venir les jeunes filles à l’école, et surtout à les faire rester. Nous subissons un fort exode rural des femmes. Mais aujourd’hui, la situation est en train de s’améliorer petit à petit. A l’école nous avons tenu beaucoup de réunions avec l’appui du conseiller pédagogique et des animateurs du projet. Pour sensibiliser la population à la scolarisation des filles, nous profitons de toutes les occasions : sous les arbres à palabres, au cours des réunions, au puits …etc. Nous rencontrons souvent des petits problèmes d’incompréhension avec certaines femmes, mais la situation va changer. Je sais que le projet va prendre fin en décembre, mais nous allons continuer à sensibiliser les habitants pour que toutes les filles aillent à l’école ».
Fatouma HAMADOU, présidente CME Ecole Faria