Le numérique au service de la solidarité : l’expérience de la Banque Alimentaire Bordeaux-Gironde

Tout a commencé le 28 mars 2013 durant la Semaine Digitale organisée comme tous les ans par la Ville de Bordeaux pour promouvoir le numérique sous toutes ses formes.

A l’initiative de l’association Les Bruits de la rue*, d’Aquinum** et de la Fondation Orange étaient réunis des professionnels du numériques et ceux du monde associatif. Par cette rencontre de deux mondes qui ne se côtoient pas souvent il s’agissait de questionner la façon dont le numérique pouvait être mobilisateur de nouvelles formes de solidarité. Solicamp, nom de cette manifestation, contraction de « solidarité » et « barcamp » évoquait cette rencontre improbable.

A l’issue d’une seconde réunion, il a été décidé de tester l’intérêt du numérique pour les associations auprès de la Banque Alimentaire Bordeaux-Gironde.

Comme toutes les banques Alimentaires, la Banque Alimentaire Bordeaux-Gironde a 3 objectifs : lutter contre le gaspillage alimentaire, permettre l’aide alimentaire des plus démunis sur tout le département et multiplier les activités qui permettent le lien social et l’inclusion social au travers de l’alimentaire.

Son activité est très importante sur la Gironde puisqu’elle compte 33 000 bénéficiaires servis par 140 associations et centres communaux. Elle distribue 16 000 rations de produits d’épiceries par semaine auxquelles s’ajoutent le service de produits frais pour assurer une aide alimentaire équilibrée et relativement stable. Cela implique une collecte quotidienne avec l’aide de 6 camions, de nombreux chauffeurs accompagnateurs et d’autres bénévoles pour trier ces denrées.

Des professionnels, adhérents d’Aquinum, se sont lancés bénévolement dans 3 projets :

  • la communication digitale et notamment la présence de la Banque Alimentaire Bordeaux-Gironde sur les réseaux sociaux,
  • la mutualisation avec le développement d’un portail permettant aux associations collaborant avec la Banque Alimentaire Bordeaux-Gironde de mutualiser leurs besoins et leurs moyens,
  • le financement participatif pour l’acquisition d’un nouveau camion de collecte.

Pour nous parler de cette campagne de financement participatif, nous avons rencontré Philippe Idiartegaray, le directeur de la Banque Alimentaire Bordeaux-Gironde.

Vous lancez une opération de financement participatif pour l’achat d’un camion et un portail de mutualisation pour mieux travailler avec les associations bénéficiaires ; ces deux opérations sont une nouvelle façon pour vous d’aborder ce lien avec le numérique ?

« Nous sommes très intéressés de pouvoir bénéficier du relais du numérique pour sensibiliser mais aussi pour trouver d’autres moyens de financements, d’autant plus que l’on refuse de faire des campagnes d’appels aux dons financiers. Tout au long de l’année nous nous suffisons de lutter contre le gaspillage alimentaire. Malheureusement nos moyens financiers sont insuffisants et nous nous retrouvons avec un camion à bout de souffle et un autre qui nous coûte trop cher ! Il nous faut pourtant 6 camions tous les jours si l’on veut assurer le tour des magasins.

visuel_banque_alimentaire

C’est pourquoi, aidés bénévolement par Aquinum, nous avons lancé notre première campagne de financement participatif pour acquérir un nouveau camion. Comme le succès d’une telle opération dépend beaucoup du succès médiatique, nous avons sollicité notre parrain Joël Dupuch, célèbre ostréiculteur du Bassin d’Arcachon depuis qu’il a joué dans « Ne le dis à personne » et « Les petits mouchoirs ». Il a tourné dans la vidéo qui médiatise notre campagne de financement. »

Cette première expérience, toujours en cours car elle se termine le 31 juillet, a permis de tester tous les éléments clés de la réussite d’une opération de financement participatif :

  • la communication : comment avoir une communication virale mobilisant les internautes et surtout les socionautes sans oublier les media traditionnels ?
  • les contreparties : l’engagement au don est traditionnellement assortie de contreparties souvent symboliques. Au cas particulier, il s’agit principalement d’avoir son nom inscrit sur le camion.
  • la plateforme : c’est celle de HelloAsso, jeune startup spécialisée dans le financement participatif pour le secteur associatif qui a été choisie. Elle présente les fonctionnalités habituelles et a, avec le pourboire, un modèle économique cohérent avec la cible caritative qu’elle vise.

Plus que quelques jours pour atteindre les 20 000 euros visés et constater, en lisant son nom sur un camion circulant en Gironde, qu’on est un héros de tous les jours, à côté de bien d’autres qui contribuent à changer le monde.

La campagne de collecte de la Banque Alimentaire Bordeaux-Gironde

* : l’association Les Bruits de la Rue s’est donnée pour mission d’agir autrement sur les nouvelles formes de précarités en réunissant des représentants du secteur associatif, des entreprises, des universitaires, des collectivités.

** : l’association Aquinum est l’association des professionnels du numérique en Aquitaine

 

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