"non à la violence envers les femmes handicapées"

L’association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA) donne, depuis 2003, la parole aux hommes et aux femmes en situation de handicap. Elle a organisé, samedi 19 juin à Paris, un colloque inédit consacré à la violence envers les femmes handicapées.

"Une femme sur dix dite "valide" est susceptible d’être victime d’agressions sexuelles ou de maltraitance au sein de sa famille. Le chiffre atteint le taux d’une sur trois pour les femmes handicapées. Tout est dit !". Par cette phrase choc, Maudy Piot ouvre, ce samedi 19 juin, un colloque inédit intitulé "Violence faites aux femmes, le non des femmes handicapées". Depuis son pupitre, la présidente de l’association FDFA s’adresse à un public majoritairement féminin. Valides et non valides, ils sont près de 200 ans à assister à cette journée exceptionnelle. Car, grâce au soutien de la Fondation Orange, les discours sont retranscrits en direct sur un écran géant et traduits en langue des signes. Et les témoignages sont variés. Historiens, psychologues, juristes, écrivains, sociologues, journalistes... Tous se sont mobilisés pour évoquer ce sujet tabou et méconnu : le handicap comme facteur aggravant des violences faites aux femmes. La loi du silence est enfin brisée autour de ce phénomène trop peu chiffré, qui n’a encore fait l’objet d’aucune étude scientifique. "Pourtant la réalité est cruelle" nous rappelle Maudy Piot. Psychanalyste de formation, elle a recueilli via son association de nombreux témoignages comme celui de cette femme handicapée moteur qui, battue par son compagnon, constatait son impuissance : " Sans jambes, que puis-je faire ?".

Des débuts de solutions

Ces récits alarmants sont confirmés par le Dr Emmanuelle Piet, présidente du collectif féministe contre le viol, qui a mis en place un centre d’appel pour les femmes violentées. "L’an dernier, nous avons reçu un millier d’appels dont 55 venant de femmes handicapées victimes de violence. Le plus frappant, c’est que, dans ces cas précis, l’agresseur était toujours un proche de la victime". Aux cas d’agressions familiales, il faut ajouter la réalité des violences et des humiliations en milieu hospitalier. Elle-même aveugle, Maudy Piot témoigne : "Lorsque l’on est handicapé, on est habitué à la souffrance. On supporte d’être manipulé violemment par des soignants ou d’être oubliée, nue, dans un couloir entre deux opérations".

Alors quelles solutions contre l’oubli ? Ernestine Ronai, présidente de l’Observatoire des violences envers les femmes du Conseil Général de la Seine St Denis, a émis quelques pistes de réflexion : avant tout, réclamer des études statistiques au gouvernement, puis rendre les centres d’hébergements d’urgence accessibles aux femmes handicapées. Ce qui, aujourd’hui, n’est presque jamais le cas, faute de moyens.

Contact :
Femmes pour le dire, femmes pour agir
www.femmespourledire.asso.fr

La Fondation Orange confie à l’Agence d’informations Reporters d’Espoirs la rédaction d’articles sur des initiatives qu’elle soutient. Ces initiatives ont été validées selon les critères de la charte éditoriale Reporters d’Espoirs. Les articles ont pour mission de rendre compte de leur développement et de leurs résultats.

 

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