prix de la Fondation Orange, Babel Med Music 2012

<amira, mar. 2012La Fondation Orange a remis jeudi 29 mars le prix de la Fondation Orange Babel Med Music à la chanteuse Bosniaque Amira Medunjanin.

Voici l’article de Bertrand Bouard consacré au dernier disque de la chanteuse, « Amulette », pour le site Mondomix.

« A l’instar de la saudade portugaise, du duende espagnol ou de l’asouf des Touaregs, le sevdah balkanique est un mot qui désigne différentes formes de la mélancolie, particulièrement celles liées au sentiment amoureux.

Comme eux, il désigne également un genre musical poignant dont la chanteuse de Sarajevo Amira Medunjanin est la plus belle ambassadrice, digne héritière de la regrettée Ljiljana Buttler. Amira commença par en livrer une approche traditionnelle, avec le Mostar Sevdah Reunion, puis l’a amené vers des rives plus contemporaines aux côtés de l’accordéoniste Merima Kljuco, sur Zumra, en 2010. La voici cette fois dans une configuration encore plus audacieuse, avec un quatuor jazz emmené par l’éminent pianiste serbe Bojan Z.

Le répertoire puise dans les chansons traditionnelles bosniennes, serbes, macédoniennes et kosovares, et conte des amours foudroyants, déçus, trahis, non partagés, virant à la haine. Les musiciens en livrent des déclinaisons sobres et pudiques, magnifiques toiles en clair obscur sur lesquelles la voix d’Amira peut imprimer toutes les nuances du désenchantement. Bojan Z en prolonge les échos par des coulée de piano jamais ostentatoires, toujours justes, auxquelles répondent sur deux titres les traits de guitare fulgurants et tout aussi pertinents de Vlatko Stefanovski. La plupart des morceaux esquissent des paysages de neige sur lesquels brille un soleil à demi voilé, particulièrement la ballade tragique Jano Mori et le fantomatique Kad Puhnuše Sabahzorski Vjetrovi, nimbé dans un brouillard à couper au couteau. Le primesautier et enlevé Omer Beže fait figure d’exception, comme une auberge chauffée après la traversée de terres glacées, avant que le final Marijo Deli Bela Kumrijo ne restitue au fil de ses paliers une sourde tension. Un disque d’une épure remarquable, qui se dispense d’effets pour ne pas trahir la finesse d’une émotion d’un noir et blanc somptueux. »

Bertrand Bouard

Consultez les vidéos des autres concurrentes

 

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1 commentaire

dimanche 1er avril 2012 17:58 par handetgolf

Trés beau concret, personnage touchant et sourtout pianiste fabuleux. Un grand moment à Marseille sur les docks Dommage que Khaira Arby n'est pas pu quitter son desert vu les événement au Mali. Autres grands moment du WE Flavia Coelho la pétillante brésilienne toute en bassa-nova et aussiForabandit un mélange subtil et rafiné d'occitanie, de plateau anatolien entre l'Iran et la Turquie. Vive le brassage....

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