Sénégal : une Maison Digitale pour ne pas devenir des analphabètes du numérique

Comment donner à des jeunes femmes non scolarisées une chance de trouver un emploi et de devenir autonomes ? A Yeumbeul, zone périphérique de Dakar, avec plusieurs partenaires, nous avons créé une Maison Digitale qui les forme au numérique. Zoom sur ce projet d’insertion, fruit d’une dynamique collective.

Les femmes de banlieue, premières victimes de l’exclusion

A Yeumbeul, les disparités sociales sont élevées et l’accès aux services socio-éducatifs de base est très difficile surtout pour les femmes qui sont particulièrement touchées par le chômage. Pour les aider, nous avons décidé de former les jeunes filles au numérique en soutenant quatre organisations membres du Comité National de Développement des Réseaux de l’Education en Afrique de l’Ouest-Sénégal (CNDREAO), représenté par STAESEN (Students Travel And Exposure Senegal, chef de file du projet).

 

Une salle de formation
formation numérique dakar
Ludovic Issartelle, Directeur Mécénat Fondation Orange aux côtés des bénéficiare, de l’équipe de la Maison Digitale et d’Aminata fall sidibé, Administratrice de la Fondation Sonatel.

 

6 mois de formation au numérique…mais pas seulement !

 

La première promotion de notre Maison Digitale est représentée par dix filles âgées de 16 à 25 ans formées durant les 6 derniers mois. Ces filles viennent d’être formées aux outils du numériques mais également à la gestion de projet, à l’entreprenariat et au développement personnel. Certaines rêvent aujourd’hui de démarrer leur propre micro entreprise en sérigraphie, infographie, d’offre de multi-services, d’autres veulent exercer le métier de secrétaire de direction, etc. Elles ont donc non seulement développé leurs compétences techniques en numérique, mais aussi des compétences transversales et un leadership pour créer leur propre emploi. Ce premier groupe qui a démarré sa formation en décembre 2017 pour la finir en juillet 2018 est suivie par dix nouvelles filles ce mois-ci.

 

 

Le numérique un outil transversal universel qui ouvre des portes

Pour le Directeur National de STAESEN, El Hadji Daouda DIAGNE,

« Le numérique reste un outil de travail qu’il faut savoir utiliser dans un domaine d’activités précis. Ces filles qui viennent d’être formées sont assez opérationnelles pour en faire un usage professionnel et commercial. Cette formation pourra bien les aider dans leur insertion socio-professionnelle ».

Il faut faire du numérique un levier d’inclusion pour toutes et tous.

Selon Aminata Sidibe, administratrice générale de la Fondation Sonatel, partenaire du projet, « l’accessibilité au numérique s’étend au Sénégal et les outils et usages numériques prennent une place de plus en plus importante. Mais il demeure d’importantes inégalités. Une partie de la population sénégalaise, notamment les femmes, demeure exclue des opportunités qu’offre le numérique parfois par manque de formation ou de connaissance des enjeux qui y sont lié. Or, il faut faire du numérique un levier d’inclusion pour tous et c’est bien l’objectif de la Maison Digitale. »

« Les chiffres alarmants annoncés par certaines organisations sur le taux élevé des filles non scolarisées chaque année, doivent aujourd’hui pousser les acteurs à multiplier des initiatives de ce genre. Les femmes de la banlieue sont souvent confrontées à des problèmes de vulnérabilité, de non scolarisation, de chômage et de non qualification. Il faut agir. » Souligne par ailleurs Khady Guèye, présidente de l’Association des Femmes pour l’Appui aux Actions de Développement.

 

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